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Souvenez-vous. Les ferrets de la reine Anne d'Autriche, le duc de Buckingham, les perfidies de Richelieu, le siège de La Rochelle. Et, vingt ans après, l'autre cardinal, la Fronde, l'Angleterre de Cromwell, l'exécution de Charles 1er...
Cette Histoire-là est inoubliable. Elle reste dans nos mémoires, revivifiée pour l'éternité par la présence des héros d'Alexandre Dumas, ces trois mousquetaires qui sont quatre - " tous pour un, un pour tous " -, par la magie de ces romans où vibrent, à l'infini, dans le fracas des chevauchées et des épées, la fougue de la jeunesse, le goût de l'aventure, la force de l'amitié, la nostalgie du temps qui passe, la mort qui rôde, aussi, portée par les vents contraires des grands événements.
C'est le théâtre qui avait fait d'abord la gloire de Dumas. On découvrira ici La Jeunesse des mousquetaires qu'il adapta pour la scène en 1849.
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Mark Twain (1835-1910) a fait rire le monde entier par ses aphorismes et ses contes depuis La Célèbre Grenouille sauteuse de Calaveras County, dont il trouve l'anecdote dans un camp de chercheurs d'or de Californie en 1865. Il y aurait quelque paresse intellectuelle à se contenter de la célébrité que lui ont value ses contes et d'oublier les romans, fruits d'une expérience acquise au cours d'une existence tumultueuse et variée : apprenti typographe, journaliste, pilote pendant quatre ans sur le Mississipi, éphémère officier de l'armée sudite, pionnier du Far-West, chercheur d'or, directeur de journal, imprimeur, éditeur, voyageur, polémiste, moraliste. Si l'on retrouve l'humour sarcastique de La Célèbre Grenouille sauteuse dans les romans Wilson Tête-de-Mou et Les Jumeaux extraordinaires (1894), ou l'aplomb de l'Américain qui ne s'en laisse pas conter dans Un Yankee à la cour du roi Arthur (1887), on découvre un conteur tendre et presque féérique dans Le Prince et le Pauvre (1881). Mais c'est le cycle des aventures de Tom Sawyer (1876-1896), l'enfant indiscipliné et aventureux, et de son ami Huckleberry Finn, petit clodo sympathique, qui a consacré Mark Twain comme le père fondateur du roman américain moderne.
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1815. Accusé de bonapartisme, Edmond Dantès est emprisonné au château d'If, victime de deux rivaux, Fernand et Danglars, et de Villefort, un magistrat ambitieux. Grâce à l'amitié de l'abbé Faria, il s'évade et peut alors assouvir sa vengeance. Version abrégée avec dossier pédagogique.
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Ce volume réunit les cinq premiers romans de Victor Hugo, dont Notre-Dame de Paris.
" Chaque face, chaque pierre du vénérable monument est une page non seulement de l'histoire du pays, mais encore de l'histoire de la science et de l'art.
Ces constructions hybrides ne sont pas les moins intéressantes pour l'artiste, pour l'antiquaire, pour l'historien. Elles font sentir à quel point l'architecture est chose primitive, en ce qu'elles démontrent (ce que démontrent aussi les vestiges cyclopéens, les pyramides d'Égypte, les gigantesques pagodes hindoues) que les plus grands produits de l'architecture sont moins des oeuvres individuelles que des oeuvres sociales ; plutôt l'enfantement des peuples en travail que le jet des hommes de génie ; le dépôt que laisse une nation ; les entassements que font les siècles ; le résidu des évaporations successives de la société humaine ; en un mot, des espèces de formations. Chaque flot du temps superpose son alluvion, chaque race dépose sa couche sur le monument, chaque individu apporte sa pierre. Ainsi font les castors, ainsi font les abeilles, ainsi font les hommes. "
Notre-Dame de Paris, livre III, chap. I
Ce volume contient : Han d'Islande ; Bug-Jargal ; Le Dernier Jour d'un condamné ; Notre-Dame de Paris ; Claude Gueux.
Il prend place au sein des oeuvres complètes de Victor Hugo, publiées dans la collection " Bouquins " en 15 volumes. -
Une vaste synthèse qui renouvelle totalement notre approche de ce genre poétique japonais aussi populaire que méconnu.
Court poème japonais traditionnellement composé de dix-sept sons répartis en trois séquences rythmiques, le haiku puise souvent - mais pas toujours - son inspiration dans la célébration de la nature et des saisons. Si ses origines remontent à l'âge classique, il ne s'est constitué comme genre littéraire à part entière qu'au tournant du XXe siècle, autour de la figure de Masaoka Shiki.
Les anthologies disponibles en France en proposent quasi systématiquement une approche fragmentaire, qui fait fi des auteurs (les haijin) comme des contextes de publication. Elles transmettent ainsi l'idée que les haiku forment autant de petits mondes clos, qu'on peut lire et goûter indépendamment les uns des autres. Rien ne saurait être plus contraire pourtant à la façon dont ils sont perçus au Japon. Obéissant à une discipline d'écriture quotidienne, ils y relèvent bien davantage du journal au long cours, sans cesse retravaillé au fil de recueils soigneusement composés : les poèmes se répondent, se suivent, s'opposent. Ils ne peuvent se comprendre qu'en bloc.
En retraçant dans le plus grand détail la vie de chaque haijin, en donnant à lire, la plupart du temps pour la première fois en français, une multitude de textes inconnus (haiku bien sûr, mais aussi commentaires en prose indispensables à leur compréhension), Pascal Hervieu nous offre l'occasion de saisir la pleine singularité de cette littérature, enfin incarnée. Car elle est d'abord l'oeuvre de femmes et d'hommes de chair et d'os, à la rencontre desquels ce livre nous porte, dans un geste lui-même de pure poésie. En arrière-plan, c'est l'histoire du Japon au XXe siècle que l'on devine, marquée par les tragédies, mais aussi par une modernisation spectaculaire : de cela aussi, le haiku a su rendre compte. -
L'édition intégrale, aujourd'hui introuvable, des Mémoires de guerre du général de Gaulle.
Lorsqu'il a entrepris la rédaction de ses Mémoires au lendemain de la Libération, Charles de Gaulle a confié à un archiviste la mission de rassembler toute la documentation sur laquelle il comptait s'appuyer pour raconter son épopée à la tête de la France libre jusqu'à son départ du pouvoir en janvier 1946. " Une masse considérable de pièces justificatives " rassemblant, selon ses dires, plus de 100 000 documents dont 3 000 lui parurent utiles à son récit, publiés en annexes de chacun des trois volumes. Notes personnelles, allocutions, éléments de correspondance avec ses principaux interlocuteurs de l'époque, Winston Churchill ou Franklin Roosevelt, messages à ses compagnons de combat, rapports d'entretiens, c'est un matériau d'une richesse exceptionnelle, occupant les deux tiers de chaque tome, qu'il avait tenu à faire figurer en contrepoint des Mémoires eux-mêmes, conçus comme une entreprise littéraire à part entière.
Après sa mort, ces documents qui apportent un éclairage essentiel pour la compréhension de sa pensée et de son action ont disparu des rééditions qui se sont succédé. Jusqu'à ce que "Bouquins" prenne l'initiative de publier l'intégralité de ce qui constitue l'oeuvre majeure de l'homme du 18-Juin.
Voici ce témoignage de premier ordre enfin disponible dans la forme que son auteur avait imaginée, c'est-à-dire enrichi d'innombrables documents originaux dont on mesurera l'intérêt à la lecture de l'ouvrage. -
Un regard lucide - mais jamais désespéré - sur les dérèglements politiques et les fractures identitaires du monde d'aujourd'hui.
Depuis plus de trente ans, Amin Maalouf analyse avec une acuité remarquable son époque, marquée par une nette accélération des turbulences, l'essor des fractures identitaires, le déclin des équilibres mondiaux, l'épuisement des civilisations - orientales comme occidentales. Les peuples s'enfoncent dans l'individualisme, tandis que les cultures et les systèmes de valeurs s'affaiblissent. En parallèle pèsent les menaces climatiques, la course aux armements et un affrontement de plus en plus délétère entre les grands blocs. Face à ces dérèglements, Amin Maalouf se réclame d'un humanisme ouvert et veut croire que de ce tumulte peut surgir un "âge adulte" de l'humanité : peut-elle encore trouver dans ce monde confus et labyrinthique un chemin vers un avenir plus apaisé ?
Ce volume réunit les quatre essais majeurs de l'auteur : Les Identités meurtrières, Le Dérèglement du monde, Le Naufrage des civilisations et Le Labyrinthe des égarés. Enrichis de textes inédits, ils offrent une plongée fascinante dans la pensée d'un écrivain qui éclaire les grands enjeux de notre temps avec sensibilité et clairvoyance. -
À l'occasion du 230e anniversaire de la mort de Marie-Antoinette, la biographie, une des plus belles du genre, écrite par Stefan Zweig et consacrée à la reine à découvrir dans une nouvelle traduction.
Appellation surprenante pour cette reine en qui la France aujourd'hui encore voit un de ses fleurons. Ici Marie-Antoinette est vue par les yeux d'un Autrichien, donc d'un compatriote, qui certes brosse d'abord un portrait historique rigoureusement fondé sur des documents d'archives (notamment correspondances diverses) mais en le plaçant dans un éclairage psychologique, et même freudien, auquel Zweig a si souvent recours dans ses nouvelles (rappelons que Zweig et Freud se vouaient une admiration mutuelle). Ce sont les circonstances successives qui modèleront les comportements variés et souvent condamnés de son existence : utilisée comme pion sur l'échiquier politique des alliances de l'époque, mariée à quatorze ans au futur Louis XVI qui sera impuissant durant sept années, reine à 18 ans, elle se défoulera dans une dispendieuse exubérance compensatoire, au grand dam de sa mère Marie-Thérèse ; spontanée, étourdie, irresponsable elle jettera l'argent par les fenêtres de son luxueux Trianon qu'elle a entouré d'un hameau reconstitué et peuplé de figurants, tandis que le vrai peuple vit dans la misère. On profitera de son inconstance pour la berner, notamment dans l'Affaire du collier ici brillamment narrée dans une prose digne d'Agatha Christie. La jeune femme adulée à son arrivée en France ne tardera pas à y devenir l'ennemie publique numéro un... jusqu'à son procès où elle deviendra totalement autre : c'est dans l'adversité que la jeune écervelée gagnera l'étoffe d'une reine, d'une femme éprouvée et mûre, profondément humaine, voire tragique.
Beaucoup d'encre a coulé sur les frasques de Marie-Antoinette, mais ici le style de Zweig devient un acteur de premier plan : flamboyant, métaphorique, tantôt analytique tantôt empathique, toujours passionné et sous-tendu par une implication auctoriale partiale, celle d'un homme qui comprend une femme, mais sans jamais l'excuser. C'est ce style que la nouvelle traduction a fidèlement restitué. Le narrateur se déplace telle une caméra dans le somptueux Versailles et parcourt les arcanes des multiples intrigues coutumières, il est omniprésent, évoluant dans les décors et dans les têtes, y épousant toutes les circonvolutions, on s'y croirait !
Cette biographie, une des plus belles du genre, est effectivement celle d'une femme ordinaire qui, comme le dira à son procès l'avocat de la défense, a eu le malheur d'être reine : une femme qui aimait la vie et voulait profiter de sa jeunesse, sans pour autant faire du mal consciemment, et qui a dû être confrontée à l'exceptionnel et au grandiose pour devenir une figure historique extraordinaire. -
La Solution finale : Le destin des Juifs (1933-1949)
David Cesarani
- Bouquins
- La Collection
- 29 Octobre 2025
- 9782382924310
Après des décennies de recherche, l'historien anglais David Cesarani (1956-2015) a réévalué l'histoire de la Shoah en démontrant que l'extermination des Juifs par Hitler n'était ni planifiée ni inévitable. Ouvrage d'une autorité manifeste, cette synthèse profondément bouleversante est traduite pour la première fois en français.
La Shoah n'a jamais été aussi commémorée, mais notre compréhension des événements qui ont mené au génocide a rarement été remise en question. Dans cette synthèse complète sur l'histoire de la persécution et de l'extermination des Juifs, l'historien britannique David Cesarani montre que la " solution finale " n'était ni planifiée par Hitler ni inévitable, mais résulte au contraire d'une série de décisions improvisées et souvent chaotiques, dictées par la guerre et la radicalisation progressive du régime nazi.
À l'inverse de la plupart des ouvrages sur cette période, qui s'arrêtent en 1945, l'historien étend son analyse jusqu'en 1949, éclairant le sort des survivants dans les camps de personnes déplacées, les difficultés de la réinstallation et de l'émigration, et la constitution de la mémoire de la Shoah dans l'immédiat après-guerre.
Dans une remarquable préface à la présente édition, Tal Bruttmann trace le portrait en forme d'hommage d'un des plus grands spécialistes de l'histoire contemporaine des Juifs et décrit la méthode scientifique avec laquelle Cesarani déconstruit les lieux communs du savoir historique sur un sujet dont de nombreux aspects restent encore méconnus.
La traduction inédite de La Solution finale offre au public français une oeuvre qui renouvelle, par son approche et par l'étendue de ses sources, notre connaissance d'une des plus terribles tragédies du XXe siècle. Un ouvrage convaincant et profondément troublant. -
Raymond Devos nous invite au pays des rêves et de l'absurde.
Raymond Devos est le maître incontesté des jeux de mots et de l'humour absurde. Sa façon unique de manier le langage, il l'a éprouvée à maintes reprises sur scène, mais a su également la rendre sur papier, grâce, notamment, à des dialogues courts et vifs, à une ponctuation particulière et à la construction soignée de ses recueils.
Tout Devos est composé de six titres (l'un d'entre eux reprenant trois livres parus séparément) : quatre sont des recueils de textes courts et trois sont des textes longs, en prose.
Les textes courts sont faits de bons mots, de situations absurdes et cocasses, dont certains, drolatiques, sont passés dans notre patrimoine culturel national, tels les sketches "Caen", "Jehanne d'Arc" ou encore "Mon chien, c'est quelqu'un" (Matière à rire ou Sketches inédits). Ils peuvent aussi relever les extravagances ou les incohérences de notre langue : la mer Rouge est-elle rouge et la Noire, noire ? Pourquoi un chat huant qui a tout de la chouette n'est-il pas appelé chouette tout simplement ? (Un jour sans moi). Classés sous forme d'abécédaire, depuis A comme Absurdité à V comme Vieillesses, les textes courts peuvent aussi être des pensées, certaines totalement inventées, d'autres personnelles pudiquement dévoilées ( Rêvons de mots).
Si l'humoriste est bien connu, nous sommes moins familiers du Raymond Devos auteur de texte longs, en prose. Nous proposons ici de le découvrir tout d'abord non pas par un roman, mais par " un récit... rocambolesque. Le récit d'un voyage dans l'imaginaire, c'est-à-dire qui ne répond pas aux lois du réel. Pas d'horaires... ni d'avance ni de retard ! On part quand on veut. On ne revient pas à heure dite " (Les Quarantièmes délirants). On le retrouve ensuite dans un texte racontant l'histoire d'amour d'Élodie, éplorée par la perte de sa petite chienne Vanessa, et du docteur Berthier, féru de mots et d'estampes japonaises, qui mêle à la fois le conte et la fable, la fantaisie et le tragique (Une chenille nommée Vanessa). On le découvre enfin dans un roman que l'on pourrait qualifier d'épique et de picaresque, qui relate les aventures et mésaventures de Clément Marie Eudes Foulques de La Touche, un enfant abandonné le soir de Noël dans une église et recueilli par le baron Louis Charles Maximilien de La Touche et son épouse Eugénie Marie Adélaïde au château des Tourelles (clin d'oeil de Raymond Devos, qui vit le jour au château des Tourelles, Sans titre de noblesse).
Tout Devos est un concentré de poésie, d'humour, de joie et de jongleries avec les mots, plus que salutaire en ces temps où l'on a bien besoin de s'évader. Et pourquoi pas au pays de l'imaginaire ?
Ce volume contient : Matière à rire (Ça n'a pas de sens, Sens dessus dessous, À plus d'un titre) ; Sketches inédits ; Un jour sans moi ; Les Quarantièmes délirants ; Une chenille nommée Vanessa ; Sans titre de noblesse. -
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" Toi, que fais-tu donc de vivre ? " Cette question, le philosophe
François Jullien l'explore depuis une dizaine d'années pour résoudre ce paradoxe selon lequel être en vie n'assure pas d'accéder à " vivre ". Penser vivre rassemble sous son titre programmatique neuf de ses essais qui abordent par approches successives la question.
Qui ne s'est pas dit un jour ou l'autre comme en se réveillant : " Je suis encore en vie " ; ou plus simplement : " Je vis ! " ? C'est bien là l'essentiel, tout le reste est surajouté. " Mais qu'est-ce que je suis en train de faire de cette vie que je vis ? " Si la question se pose, c'est qu'elle est travaillée de l'intérieur par ce paradoxe : nous sommes en vie, mais nous n'accédons pas pour autant à vivre.
De là cet " oubli de vivre " qui n'est pas accidentel, mais généré par la vie même, peut-être même intrinsèque à la vie. Mais suffira-t-il de dire : " Cueille le jour ! " comme le répète la sagesse ? Car avons-nous effectivement, un jour, " cueilli " le jour, sauf peut-être rétrospectivement par la mémoire recueillant le passé ?
D'où, face à l'opposition paresseuse dressée entre la vie et la pensée, l'importance de penser pour vivre. " Qui le plus profond a pensé, dit Hölderlin, aime le plus vivant. "
Dans les essais dont c'est ici la reprise, et qui s'étendent sur une douzaine d'années, j'ai tenté de penser vivre en proposant des concepts de vivre, autrement dit qui soient à vivre : l'intime, l'inouï, l'incommensurable ou la transparence du matin. Et d'abord la seconde vie ou la vraie vie. Ou bien encore en explorant comment on peut " vivre de paysage ".
Car peut-on se contenter de célébrer le " goût de vivre " ? Mais on peut, au plus loin du Développement personnel et du Marché du bonheur, tenter d'" ouvrir le concept " pour éclairer comment vivre.
N'est-ce pas la tâche élémentaire de la philosophie ?
François Jullien
Ce volume contient : De l'intime ; Vivre de paysage ; Vivre en existant ; Une seconde vie ; Dé-coïncidence ; L'Inouï ; De la vraie vie ; L'Incommensurable ; La Transparence du matin. -
Réunies pour la première fois, les oeuvres autobiographiques d'un des plus grands artistes du XXe siècle forment un saisissant autoportrait. Quatre livres puissants, décalés, désopilants, qui éclairent l'oeuvre et la personnalité hors-normes d'Andy Warhol, ainsi que son époque. Un événement éditorial.
Génie visionnaire et artiste protéiforme, Andy Warhol (1928-1987) est un personnage clef de l'art du xxe siècle, dont il a largement modifié le cours. Les quatre oeuvres autobiographiques réunies ici le montrent sous un jour neuf, celui de l'écrivain, qui se révèle aussi singulier que le plasticien.
Avec l'aide de sa fidèle amie et collaboratrice Pat Hackett, Warhol invente une écriture portée par un inimitable sens de l'absurde et un regard unique sur les choses. Ma philosophie de A à B et vice versa , suite de vues sur la beauté, la célébrité, l'art, mais aussi les miroirs, les corn-flakes ou les aéroports, est une perfection d'humour et d'acuité sous couvert de légèreté. Popisme est le roman des folles années 1960, là où tout se joue pour Warhol : explosion du pop art, création de la Factory et lancement de son entreprise de subversion du monde moderne. Dans le Journal (dont de larges extraits sont repris ici), on le suit jour après jour au sein de la comédie humaine new-yorkaise. Durant douze années, il chronique cette valse des vanités d'un oeil affûté et détaché. Le volume s'achève sur un choix de ses entretiens les plus remarquables, dans lesquels Warhol se révèle clown fantomatique et taiseux, maître zen dans l'art du flux tendu et du décalage.
Ces quatre livres forment, côte à côte, le récit de " l'aventure Warhol ", l'une des plus exaltantes du siècle, et le portrait d'une époque à la force d'attraction inépuisable. -
Dès leurs premières incursions en Occident à l'extrême fin du VIIIe siècle, les Vikings héritèrent une réputation sulfureuse. Indignés par le sort que ces prédateurs venus du Nord réservaient aux riches abbayes, les clercs brossèrent d'eux un portrait sans nuances: barbares païens d'une cruauté inouïe, égorgeant hommes, femmes et enfants, buvant le sang de leurs ennemis dans des crânes et sachant, de surcroît, mourir dans un éclat de rire. Cette image de monstres sans toi ni loi - certains même n'hésiteront pas à les qualifier plus tard de surhommes - va perdurer jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle. Depuis, pour démêler le faux du vrai, le mythe de la réalité, les chercheurs ont sollicité l'archéologie, l'histoire, la numismatique, la philologie, la runologie et proposé une lecture plus subtile de cette société scandinave. Pillards, certes à l'occasion, mercenaires au service du plus offrant, les Vikings furent avant tout des marchands: vendeurs de fourrures, d'ambre et d'esclaves, acheteurs de tissus, d'armes et de grains. Ils furent également de grands artisans, mettant au point, entre autres, un bateau extraordinaire, aussi maniable en eaux peu profondes qu'en haute mer. Le droit coutumier et la religion des Vikings, d'une grande tolérance, jouèrent un rôle important dans le développement de cette société sans préjugés qui ignorait la violence gratuite et la torture. Ces hommes, dont la civilisation dura près de deux cent cinquante ans (v. 800-v. 1050) et qu'un concours exceptionnel de circonstances a portés sur le devant de la scène de l'histoire, apparaissent ici tels qu'ils turent réellement, loin des fantasmes de notre imagination.
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Une fresque vivante et savante de la mode et de ses tendances.
La mode est un art, auréolé de ses chefs-d'oeuvre et de ses génies créateurs. Son histoire commence au XVIIIe siècle avec les robes extravagantes sorties des ateliers de Rose Bertin, première marchande de modes moderne, qui préfigure l'apparition des couturiers parisiens. Le XIXe invente ensuite la haute couture et aiguillonne la créativité débridée des XXe et XXIe siècles. On abandonne le corset, on adapte son vestiaire pour s'adonner à la vogue de la pratique sportive ; bientôt, on délaissera la jupe au profit du pantalon. La mode va devenir le lieu de toutes les audaces, que l'on expose au cours de défilés de plus en plus spectaculaires.
Olivier Saillard brosse une fresque vivante et savante de la mode et de ses tendances, examinant sur plus de trois siècles ce qui fait l'identité de chaque époque et comment évoluent les règles de l'élégance. Sous sa plume, le sérieux de l'érudition se mêle à la grâce de l'expression, faisant de cet ouvrage une archive enchantée, où l'historien des faits n'oublie jamais la beauté du pli ni la magie des étoffes.
À propos des " Singuliers " : " Bouquins " crée l'événement en lançant en octobre 2025 une nouvelle collection destinée à éclairer d'un jour nouveau son fonds inestimable. " Les Singuliers " ont ainsi vocation à accueillir les textes les plus originaux, les plus rares ou les plus étonnants du catalogue, sous la forme d'ouvrages souples de 400 pages environ, au graphisme élégant, conçu par Philippe Apeloig.
Les quatre premiers titres : Pierre Louÿs, Poésie érotique ; François Rabelais, Pantagruel ; Olivier Saillard, Une histoire de la mode ; La Table ronde et le roi Arthur. Récits du Moyen Âge. -
À la découverte d'un classique sulfureux de l'érotisme.
" Je suis un poète, c'est-à-dire un imaginatif ", déclarait Pierre Louÿs (1870-1925). Difficile d'en douter à la lecture de ces centaines de poèmes érotiques, composés de ses dix-neuf ans à sa mort, et qui semblent pousser sans cesse plus loin les limites du genre.
Adoptant avec une facilité déconcertante toutes les formes et tous les tons, la poésie de Louÿs apparaît ici dans son infinie variété. Elle obéit à une sorte de frénésie dans la mise en mots souvent obsessionnelle des fantasmes les plus divers, et se révèle tour à tour, voire simultanément, crue et précieuse, comique et lyrique, ludique et pornographique...
Dans une préface inédite, Jean-Paul Goujon, un des meilleurs connaisseurs de l'auteur, revient sur ce qui fait la richesse et la beauté de cette oeuvre absolument unique, nourrie d'érudition et d'humour, dont le présent volume donne à lire l'ensemble le plus complet réuni à ce jour. -
La Table Ronde et le roi Arthur : Récits du Moyen Âge
Danielle Régnier-Bohler
- Bouquins
- Les Singuliers
- 9 Octobre 2025
- 9782382926680
Aux origines de la littérature occidentale.
L'extraordinaire succès de la littérature arthurienne ne cesse d'irriguer l'imaginaire de l'Occident. La légende qui la fonde est l'univers utopique dont le roi Arthur est le centre et la Table Ronde le symbole. Elle rassemble les chevaliers qui sans cesse accomplissent des quêtes et partent pour l'Aventure. Ces récits foisonnants, nés dans le domaine celtique, concernent un espace géographique mystérieux et se nourrissent de traditions multiples très anciennes, dont les éléments prospèrent dans nombre de cultures européennes, d'Islande en Norvège, d'Espagne en Italie.
Ce volume illustre le dynamisme de ces créations à partir de motifs très séduisants : l'amour avec des êtres féeriques, les rituels de cour, les armoiries, les joutes et tournois, des figures exemplaires autour d'Arthur et de Merlin, de Perceval et de Lancelot. Car les quêtes des chevaliers de la Table Ronde mènent au Graal, qui garde le mystère de son nom et de son origine. Objet magique, source de vie, il fait partie des talismans de l'Autre Monde, où se promènent nos rêves. -
La capitale de l'Empire austro-hongrois a été le paradis de son enfance. Au fil du temps, et après bien des drames, elle est devenue pour lui un monde idéal, où les apports les plus divers finissaient toujours par se mêler harmonieusement, où l'ouverture à la modernité s'appuyait sur une solide tradition locale. Cette ville-théâtre, de 1880 à l'entre-deux-guerres, fut surtout une incomparable cité des arts et de l'esprit européen.
Les textes ici réunis couvrent l'ensemble de la vie créatrice de l'auteur, de l'étudiant dilettante des débuts à l'écrivain célèbre et exilé de la fin, qui dut quitter l'Autriche quelques mois avant l'Anschluss. Des pans entiers de l'histoire culturelle viennoise sont ainsi explorés, avec ses valeurs sûres, ses modes passagères, ses lieux mythiques, ses poètes (Hugo von Hofmannsthal, Rainer Maria Rilke...), ses génies (Sigmund Freud, Joseph Roth, Gustav Mahler, Arthur Schnitzler...), ses inconnus et bien d'autres figures attachantes, amis plus ou moins proches que Zweig sent et analyse avec la précision de celui qui voit tout. Il retranscrit ses impressions et souvenirs dans ce style toujours accessible qu'on lui connaît. Ce faisant, témoin bouleversant d'une époque bouleversée, il tente de sauver ce qui peut l'être.
Sa Vienne, qui nous fascine tant, est éternelle. -
Les clés d'accès à l'une des pensées les plus clairvoyantes du XXe siècle.
Figure majeure de la critique de la modernité, Jacques Ellul (1912-1994) a montré que la technique ne sert plus l'homme : c'est désormais lui qui la sert. À quoi bon, demande-t-il, se libérer des mythes ancestraux si c'est pour se soumettre au culte du progrès et à la tyrannie d'une aristocratie technicienne ?
Dans Le Système technicien (1977), il met en lumière l'ambivalence du progrès technique et invite ses lecteurs à " y instaurer une tremblante liberté ", résumant ainsi son message : " On ne peut pas créer une société libre avec des moyens d'esclave. "
Avec Propagandes (1962), Ellul révèle que la propagande n'est pas l'outil des seuls régimes autoritaires mais l'un des rouages essentiels des démocraties modernes. Il anticipe l'ère des fake news et de la post-vérité en montrant que l'abondance d'informations accroît la crédulité et nourrit le besoin de récits simplificateurs.
L'oeuvre spirituelle d'Ellul apporte un contrepoint indispensable à ses travaux théoriques. Dans L'Espérance oubliée (1972), il distingue l'espoir, trompeur, de l'espérance, capable de naître lorsque tout semble perdu, et inscrit la liberté au coeur de l'éthique chrétienne. Anarchie et christianisme (1988) prolonge cette réflexion en affirmant que l'exigence de liberté appelle une critique radicale du pouvoir, l'anarchie apparaissant comme l'expression politique la plus compatible avec la Bible.
En introduisant et annotant ces quatre ouvrages majeurs, Patrick Chastenet offre la mise en perspective qui manquait jusqu'ici à une oeuvre décisive, plus actuelle que jamais à l'heure de l'IA, des technologies omniprésentes et de la confusion informationnelle.
Ce volume contient : Le Système technicien ; Propagandes ; L'Espérance oubliée ; Anarchie et christianisme. -
Passion anglaise : Lire, voyager, rêver
Christine Jordis
- Bouquins
- La Collection
- 15 Janvier 2026
- 9782382926390
Un voyage érudit et sensible au coeur de la Grande-Bretagne d'hier et d'aujourd'hui, de sa littérature, de ses paysages.
Passion anglaise donne à lire deux des ouvrages les plus reconnus de Christine Jordis consacrés à la littérature britannique, dans une édition totalement révisée et mise à jour : Gens de la Tamise et Promenades anglaises, ici réunis dans une même célébration de la langue et des écrivains d'outre-Manche. Angliciste, critique et grande lectrice, Christine Jordis fait partie de ces " passeurs " qui savent faire entendre une voix étrangère sans la trahir. Mais ici, ce n'est pas seulement l'histoire d'une littérature qu'elle propose : c'est une relation intime, presque organique, à une culture qui est devenue pour elle, depuis l'enfance, une seconde patrie.
Dans Gens de la Tamise, elle dessine un panorama sensible du roman anglais des XXe et XXIe siècles, de Joyce et Woolf jusqu'aux auteurs contemporains comme Ian McEwan, Zadie Smith ou Arundhati Roy. Elle met en lumière ce que la France lit, traduit, retient - et ce qu'elle oublie -, révélant ainsi les écarts de perception entre les deux rives de la Manche.
Avec Promenades anglaises, l'autrice se fait voyageuse. Des falaises de Douvres aux landes du Yorkshire, des cités ouvrières du Nord aux campagnes du Devon, Jordis suit la trace des grands auteurs qui ont façonné son imaginaire : les soeurs Brontë, Jane Austen, Dickens, Ruskin, Wordsworth... Mais ces paysages traversés ne sont jamais figés dans la carte postale : ils disent aussi l'évolution d'un pays, ses métissages, ses fractures, ses silences. Chaque lieu devient l'écho d'une lecture, chaque rencontre nourrit une réflexion sur la liberté, la fantaisie et l'art de raconter.
Passion anglaise est ainsi à la fois un essai littéraire, un carnet de voyage et une autobiographie en filigrane. Il conjugue rigueur et émotion, érudition et plaisir, dans une écriture limpide qui donne envie de se replonger dans les classiques comme de découvrir des voix nouvelles. Un hommage vibrant à la littérature anglaise, mais aussi une invitation à la lecture comme art de vivre. -
C'est trop peu de dire que nous vivons dans un monde de symboles, un monde de symboles vit en nous. De la psychanalyse à l'anthropologie, de la critique d'art à la publicité et à la propagande idéologique ou politique, sciences, arts et techniques essaient de plus en plus aujourd'hui de décrypter ce langage des symboles, tant pour élargir le champ de la connaissance et approfondir la communication que pour apprivoiser une énergie d'un genre particulier, sous-jacente à nos actes, à nos réflexes, à nos attirances et répulsions, dont nous commençons à peine à deviner la formidable puissance.
Des années de réflexions et d'études comparatives sur un corpus d'informations rassemblées par une équipe de chercheurs, à travers des aires culturelles recouvrant la durée de l'histoire et l'étendue du peuplement humain, les auteurs ont tenté de donner à voir le cours profond du langage symbolique, tel qu'il se ramifie dans les strates cachées de notre mémoire.
Chacun sentira bien l'importance de ce Dictionnaire. Plus de mille six cents articles, reliés par des comparaisons et des renvois, souvent restructurés à la suite d'une longue maturation, permettent de mieux approcher la nudité du symbole, que la raison dans sa seule mouvance ne parviendrait pas à saisir. Cette somme unique ouvre les portes de l'imaginaire, invite le lecteur à méditer sur les symboles, comme Bachelard invitait à rêver sur les rêves, afin d'y découvrir la saveur et le sens d'une réalité vivante.
Guy Schoeller. -
Une intégrale inédite des articles et textes courts de Stefan Zweig.
Les textes inédits de Stefan Zweig n'avaient jamais bénéficié en France d'une édition globale. C'est désormais chose faite avec ce volume qui reprend tous les courts écrits de l'auteur autrichien, en dehors de ses nouvelles déjà publiées dans la collection " Bouquins ". L'occasion de redécouvrir la richesse et la profusion d'une oeuvre saluée dans le monde entier.
L'ensemble, désormais exhaustif, présente cent vingt textes, dont une vingtaine sont donnés pour la première fois en français : articles, récits, feuilletons, discours, préfaces, hommages, conférences, portraits, critiques ou comptes rendus parus dans différents journaux et périodiques, revues, livres ou recueils.
Plus encore que les " grands " textes de l'auteur, ils nous permettent de mieux connaître son évolution intellectuelle, ses passions constantes et ses coups de coeur éphémères, ses prises de position politiques et ses rencontres les plus déterminantes. On voit ici se déployer tout son talent d'écrivain et de biographe, nourri de ses réflexions sur l'art, sur le destin, et - central, inébranlable jusqu'à la fin - de son humanisme. Ainsi ses articles dessinent-ils autant de paysages de l'âme qui éclairent le mystère de la condition humaine. -
Dans le vicomte de bragelonne, l'anéantissement final des corps est la mise en gloire du coeur, et dumas s'y surpasse dans une espèce de désespoir heureux, donnant en partage au lecteur sa joie et sa tristesse de créateur: "pauvre porthos! il m'a semblé, je ne sais si c'est une illusion de mon coeur ou de mon orgueil, il m'a semblé que le jour oú vous avez fait part à la france de son trépas, un voile de deuil s'est étendu sur paris.
On s'était figuré, n'est-ce pas, que nos quatre héros étaient immortels, et quand on a vu tomber le plus fort et peut-être le meilleur de tous, on a senti instinctivement que la mort n'entrerait pas pour si peu dans ce quadrille de géants, et que l'un au tombeau, les autres ne tarderaient pas à l'y suivre . le métier de romancier a certes bien ses plaisirs, ses joies, ses orgueils surtout, mais comme il a ses tristesses aussi, et une de ces tristesses-là, tristesse incompréhensible peut-être pour quelques-uns, mais réelle, mais profonde, mais infinie pour moi, c'est d'avoir donné le jour à un personnage, de l'avoir élevé, choyé, vu grandir, et au jour venu de sentir l'implacable nécessité qui vient vous sommer de rendre à la terre, c'est-à-dire à l'oubli, ce doux rêve de votre imagination dont vous étiez habitué à être le compagnon, le conseiller, le père" (lettre d'a.
Dumas à perrée).
"c'est avec ces convictions et ces solidarités-là qu'on écrit des chefs-d'oeuvre", concluait dumas fils qui avait trouvé son père assis tristement, les yeux rouges encore du chagrin qu'il avait éprouvé à faire mourir son héros.
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La beauté de toutes nos douleurs : Poésie, récits, critique, théâtre
Guillaume Apollinaire
- Bouquins
- La Collection
- 27 Février 2025
- 9782382925706
Ce volume, riche d'un appareil critique inédit et accessible, donne à lire la part majeure de l'oeuvre de Guillaume Apollinaire : poésie, récits, critique et théâtre.
Guillaume Apollinaire (1880-1918) est un " homme-époque ", selon le mot d'Alberto Savinio. De la fin du symbolisme jusqu'à la guerre, il a senti comme personne l'énergie et la fugacité de ce début de siècle. Orphée moderne, créateur de formes multiples, il a étendu le domaine de la poésie aux autres genres littéraires et saisi le " lyrisme ambiant " de la vie quotidienne d'une manière qui devait influencer profondément les surréalistes. Entre les arts, celui qu'il pratiquait et ceux qu'il côtoyait, il a établi une collaboration féconde.
Ce volume rassemble pour la première fois la totalité des genres qu'il a explorés. On découvrira, à côté du poète élégiaque du mal d'amour et de la blessure du temps, de la guerre et des élans érotiques, un conteur chez qui le romanesque, le fantastique, la pornographie, le rire voisinent avec l'érudition. On pourra mesurer aussi combien Apollinaire, critique littéraire et artistique, s'est affirmé comme un représentant de la poésie nouvelle, sinon comme un chef d'école, à travers nombre d'articles consacrés à la peinture, à la littérature, à la musique, à la danse, à la vie sociale et politique, et, plus tard, à l'expérience de la guerre. Le théâtre, dernier genre qu'il a abordé en 1917, est illustré ici par la fable burlesque Les Mamelles de Tirésias et le sombre et singulier Couleur du temps qui ont mis Paris en émoi lors de leur création.
En donnant à lire la majeure partie de son oeuvre, ces pages, riches d'un appareil critique inédit, éclairent d'un jour nouveau celui qui a su chanter " la beauté de toutes nos douleurs ".