Belles Lettres

  • Des voix s'élèvent de la nuit d'Athènes pour célébrer l'amour. Les invités du banquet d'Agathon - ce sont ses talents de tragédien que l'on fête - livrent tout à tour leur version d'Eros. Le vin lourd et épicé délie les langues. L'invention va atteindre des sommets d'extravagance avec le mythe d'Aristophane. L'intensité dramatique, modulée de main de maître, va crescendo. Enfin, Socrate prend la parole, mais plutôt que de pousser son avantage dialectique, il choisit de rapporter les propos que lui a tenus jadis la prêtresse de Mantinée. C'est unique dans l'oeuvre de Platon, et disons-le rarissime dans l'histoire de la pensée occidentale : c'est à une femme que revient la tâche d'initier le philosophe au mystère de l'amour.
    Ce que dit Diotime va changer l'histoire de notre sensibilité ; George Steiner le montre dans la préface : "l' 'Eros authentique est une quête de l'immortalité, notre vie n'est valable que si elle aspire à la vision de la beauté absolue, qui est aussi vérité".
    Texte établi et traduit par Paul Vicaire, annoté par François L'Yvonnet.
    Préface de George Steiner.

  • « L'amour des livres et de la lecture respire à travers ce chef-d'oeuvre. Je suis absolument certain qu'il sera lu même une fois que ses lecteurs actuels seront passés dans l'au-delà. Mario Vargas Llosa Vallejo a judicieusement décidé de se libérer du style académique pour choisir la voix du conteur. L'histoire n'est pas considérée comme une liste d'ouvrages cités, mais comme une fable. Ainsi, pour n'importe quel lecteur curieux, ce charmant essai est accessible et émouvant dans sa simplicité parce qu'il est un hommage aux livres par une lectrice passionnée. » Quand les livres ont-ils été inventés ? Comment ont-ils traversé les siècles pour se frayer une place dans nos librairies, nos bibliothèques, sur nos étagères ?Irene Vallejo nous convie à un long voyage, des champs de bataille d'Alexandre le Grand à la Villa des Papyrus après l'éruption du Vésuve, des palais de la sulfureuse Cléopâtre au supplice de la philosophe Hypatie, des camps de concentration à la bibliothèque de Sarajevo en pleine guerre des Balkans, mais aussi dans les somptueuses collections de manuscrits enluminés d'Oxford et dans le trésor des mots où les poètes de toutes les nations se trouvent réunis. Grâce à son formidable talent de conteuse, Irene Vallejo nous fait découvrir cette route parsemée d'inventions révolutionnaires et de tragédies dont les livres sont toujours ressortis plus forts et plus pérennes. L'Infini dans un roseau est une ode à cet immense pouvoir des livres et à tous ceux qui, depuis des générations, en sont conscients et permettent la transmission du savoir et des récits. Conteurs, scribes, enlumineurs, traducteurs, vendeurs ambulants, moines, espions, rebelles, aventuriers, lecteurs ! Autant de personnes dont l'histoire a rarement gardé la trace mais qui sont les véritables sauveurs de livres, les vrais héros de cette aventure millénaire.

  • Jamais, peut-être, socrate ne fut aussi tranquille qu'en cette journée particulière qui s'achève par un arrêt de mort .
    Le procès, banal par certains côtés (ce n'est ni la première ni la dernière fois que l'on aura la peau d'un homme libre), a pour nous valeur de symbole. il est l'un des événements fondateurs de notre identité intellectuelle : il décidera de la vocation philosophique de platon. l'histoire de la pensée occidentale porte la marque de cette césure : il y a l'avant et l'après socrate. chaque fois qu'une communauté tente, par la censure, l'ostracisme ou le meurtre, de réduire au silence un étranger moral ou intellec tuel à l'intérieur de ses murs, de bâillonner ou d'effacer ses interrogations intolérables, elle vit une heure socratique.
    " (george steiner).

  • Le prince

    Machiavel

    « Parmi les royaumes bien organisés et gouvernés de notre temps, il y a celui de France, où l'on trouve une infinité de bonnes institutions, dont dépendent la liberté et la sécurité du roi ; au premier rang desquelles figure le parlement avec son autorité. Parce que celui qui institua ce royaume, connaissant l'ambition des puissants et leur insolence et jugeant nécessaire qu'ils aient dans la bouche un frein pour les corriger, sachant d'autre part fondée sur la peur la haine du populaire envers les grands et voulant rassurer ces derniers, ne voulut pas que ce fût là une attribution particulière du roi, pour lui épargner les éventuels griefs des grands s'il favorisait le populaire et ceux du populaire s'il favorisait les grands ; c'est pourquoi il institua un tiers juge chargé, sans qu'on en fît grief au roi, de battre les grands et favoriser les petits ; institution, celle-ci, qui ne pouvait être ni meilleure ni plus prudente, ni une plus grande source de sécurité pour le roi et le royaume. D'où l'on peut tirer un autre enseignement digne d'être noté, à savoir que les princes doivent faire en sorte que soient administrées par d'autres les choses qui sont matière à griefs, et par eux-mêmes celles qui sont matière à gratitude. Et je conclus une nouvelle fois qu'un prince doit faire cas des grands, mais ne pas se faire haïr du peuple. »

  • Traduit pour la première fois en France, La Vie dans un château médiéval est un classique qui a initié des millions de lecteurs anglophones aux secrets du monde médiéval. Et qui a profondément inspiré George R. R. Martin, le créateur de A Game of Thrones.
    À partir du remarquable château de Chepstow, à la frontière de l'Angleterre et du Pays de Galles, mais aussi des plus admirables châteaux forts français, les grands médiévistes Frances et Joseph Gies nous offrent un portrait saisissant de ce qu'était la vie quotidienne de l'époque et nous montrent l'importance du rôle qu'y jouait le château fort. Les Gies ont le don de rendre à la vie les hommes et les femmes qui vivaient dans et autour du château, le seigneur et la dame, les chevaliers et les soldats, les serviteurs et les paysans, les troubadours et les jongleurs.
    Nous y découvrons comment les seigneurs et les serfs se vêtaient et se lavaient, ce qu'ils buvaient et ce qu'ils mangeaient, quels étaient leurs loisirs et leurs occupations, leurs codes de conduite sexuelle, leurs principes d'ordre et de solidarité. Nous y apprenons le rôle essentiel que jouait l'honneur dans la culture médiévale, le processus d'initiation auquel se soumettaient les chevaliers, l'importance des fêtes religieuses et des liens personnels, et pourquoi le château fort était autant un rempart contre les violences qu'une source de conflit et un enjeu de pouvoir.
    Remarquablement documenté, et aussi plaisant à lire qu'un roman, La Vie dans un château médiéval est l'ouvrage de référence pour quiconque a envie de se plonger, l'espace de quelques heures, dans cette époque fascinante.

  • Livre de référence pour toute réflexion sur la poésie et sur la théorie littéraire en Europe depuis près de vingt-trois siècles. En examinant l'épopée et la tragédie, Aristote en décrit les structures et en explique les origines et les fins. Ce faisant, il se démarque radicalement de Platon, qui avait banni toute forme de poésie de sa cité idéale.

  • Le motif du baiser est, pour ainsi dire, un lieu commun de la littérature érotique de la Renaissance. Les poètes de langue latine (et tout spécialement Jean Second, publié dans la même collection), les Italiens (Marino, Guarini...) ou les Français de la Pléiade ont tous sacrifié à une mode qui renouvelait, à l'intention du lecteur moderne, les délices des poètes grecs de l'Anthologie.
    En revanche, la place réservée au baiser dans la littérature morale et la réflexion philosophique est au même moment des plus minces. Chez Patrizi, le baiser est placé au coeur même de la réflexion sur l'amour, au point d'être ici le sujet philosophique unique.
    Nouveauté, donc, et même audace du projet, servie par l'originalité de la forme. Patrizi renoue en effet avec la méthode socratique et fait dialoguer dans le cadre d'une île déserte un vieil ermite et un jeune disciple. Ce dialogue, véritable initiation sera aussi la révélation progressive d'un mystère dont le caractère ésotérique est souligné par l'effacement progressif de l'ermite qui laisse parler à travers lui « l'esprit » Composé d'un préambule, de trois parties et d'un poème conclusif, l'opuscule laisse apparaître sous la structure dialogique une structure dialectique très forte. Sur le plan de la tradition philosophique sur l'amour, cette réhabilitation du baiser représente, face à la thèse platonicienne dominante une petite révolution. En légitimant la place du baiser dans l'amour humain, l'aristotélicien Patrizi entre en polémique directe contre celui dont il s'est jusque là si ouvertement inspiré : Marsile Ficin. L'un des postulats de celui-ci est, en effet, l'opposition radicale entre les deux sens supérieurs (vue et ouïe) seuls susceptibles de percevoir la beauté et les trois autres (odorat, goût et toucher ) ravalés au rang de l'animalité.
    Scandaleux et pragmatique, Patrizi conserve la hiérarchie entre amour divin, amour humain et amour bestial, mais, refusant résolument de mutiler notre nature, il réintègre dans l'amour humain la totalité des facultés et des sens.
    Francesco Patrizi (1529-1597) est l'une des figures les plus intéressantes de la vie intellectuelle italienne de la fin du XVIe siècle. Penseur, poète, scientifique, historien et grand voyageur, on doit à la recherche du dernier demi-siècle la redécouverte de sa personnalité et de son oeuvre notamment une Poétique en dix dialogues, La nouvelle Philosophie universelle et L'Amoureuse Philosophie.

  • Né du chaos européen du début du Moyen Âge, le chevalier monté et en armure a révolutionné la guerre et est très vite devenu une figure mythique dans l'histoire.
    Des conquérants normands de l'Angleterre aux croisés de la Terre sainte, du héros de la chanson de geste au preux du roman arthurien, des amateurs de tournoi aux chevaliers-troubadours, Le Chevalier dans l'Histoire, de la grande médiéviste Frances Gies, brosse un tableau remarquablement vivant et complet de la chevalerie, de sa naissance à son déclin.
    Le chevalier apparaît d'abord en Europe comme un mercenaire sans foi ni loi avant de devenir l'étendard de la chrétienté puis un soldat de métier au service des rois. Frances Gies nous fait partager sa vie quotidienne, faite de joutes et de batailles, de pillages et de rançons, mais aussi de dévotion et de pèlerinage, et souvent sanctionnée par l'errance et une mort précoce.
    Elle nous fait revivre l'aventure des héros du Moyen Âge qui ont joué un rôle historique, comme Bertrand du Guesclin, Bayard et Sir John Fastolf, qui inspira le Falstaff de Shakespeare, ou les grands maîtres des Ordres militaires qu'étaient les Templiers, les Hospitaliers et les chevaliers teutoniques.

  • « Ce livre parle avant tout d'amour : le grec ancien a été l'histoire la plus longue et la plus belle de toute ma vie.
    Peu importe que vous connaissiez le grec ou non.
    Si c'est le cas, je vous dévoilerai des caractéristiques de cette langue dont personne ne vous a parlé au lycée, quand on vous demandait d'apprendre par coeur conjugaisons et déclinaisons.
    Si ce n'est pas le cas, c'est encore mieux. Votre curiosité sera comme une page blanche à remplir.
    Qui que vous soyez, cette langue recèle des manières de s'exprimer qui vous permettront de vous sentir chez vous, de formuler des mots et des idées qui ne trouvent pas d'expression exacte dans notre langue. » Le grec est une langue géniale : voici neuf bonnes raisons d'en tomber éperdument amoureux.

  • Ce livre n'est pas une biographie supplémentaire d'Henri IV, promu au à la fin du XXe siècle idole monarchique des Français. Tentant de résoudre la plus extraordinaire énigme criminelle du temps des guerres de Religion, l'empoisonnement du prince de Condé à Saint-Jean d'Angély en 1588, Robert Muchembled a vu une piste initiale banale (cherchez la femme) bifurquer vers la responsabilité assurée d'un commanditaire dissimulé, père naturel, qui plus est, du fils posthume du prince assassiné : Henri de Navarre, futur roi de France.
    C'est donc une histoire (incomplète) de la personnalité secrète du Béarnais qui est ici proposée. Si elle diffère de la mythologie traditionnelle appliquée à son souvenir, elle lui rend toute son humanité : ses qualités et ses succès vont de pair avec des traits moins glorieux, indispensables, probablement, pour survivre et triompher durant l'une des périodes les plus tragiques du passé français : dénué de scrupules moraux ou religieux, confiant (superstitieusement) en son étoile, il élimine sans pitié ceux ou celles qui le gênent ; maître de la désinformation, grand producteur de fausses nouvelles, il forge lui-même sa propre légende, dispose de l'un des plus efficaces services secrets du temps, cumule les maîtresses comme un Sultan oriental et traite durement son fils secret (héritier au trône intermittent, puis rival de Louis XIII après le régicide).
    Bien qu'il véhicule des images fortes, d'ambitions effrénées, de sang, de poison, de violence, de désirs charnels, dignes de romans historiques ou policiers, le récit, chronologique, appuyé sur les documents d'époque (parfois inconnus, ou souvent mal mis en perspective) présente des faits réels et des personnages qui n'ont rien de fictif. Il invite à découvrir un exercice du pouvoir suprême plus chaotique, baroque et dramatique que celui évoqué par les manuels scolaires : en suivant les acteurs dans les coulisses, où ils ôtent un masque hiératique pour vivre pleinement leurs passions, apparaissent de nombreux mystères ; leur résolution colore de suspense la narration et rappelle que la grande Histoire (la geste des souverains et des dominants) aurait pu être profondément différente de celle qui s'est imposée.
    En parfaite harmonie avec sa caste, la grande aristocratie guerrière prédatrice, le Vert-Galant impose aux filles et aux femmes nobles (aux autres aussi) une domination masculine absolue, renforcée par la croyance au pouvoir fécondant exceptionnel du « super mâle » royal (qu'il a vaillamment démontré). Bousculés depuis un demi-siècle par d'irrésistibles mutations sociales et culturelles, les nostalgiques de la grandeur nationale perdue qui encensent sa figure tutélaire ne tentent-ils pas, subrepticement, de moderniser le mythe du monopole viril du pouvoir (en particulier au sommet de l'État), inconsciemment mais puissamment relié à l'ancienne monarchie française salique et sacrée ?

  • Pensées

    Marc Aurèle

    Introduction Livres I à XII

  • Rome et le monde romain comme on ne vous les a pas racontés, et comme les manuels ne peuvent pas les raconter.
    Depuis Romulus jusqu'à la chute de l'empire, ce livre secoue nos certitudes et tend parfois un miroir à nos préoccupations contemporaines, parlant de fake news et de politique-spectacle, d'accès à la citoyenneté entre asile généralisé et fermeture, d'images paradoxales de l'Urbs, de génocides étalés avec complaisance à côté de quelques discours humanitaires, d'une hostilité prétendue au progrès scientifique, de représentations du limes construites en fait au XIXe siècle, d'une extraordinaire et bien réelle capacité à gérer de terribles défaites (parlera-t-on de résilience ?), de l'escamotage des langues de l'empire autres que le latin et le grec, du moins jusqu'aux prêcheurs chrétiens, de l'importance des prodiges et de la multiplicité des cultes locaux, ou encore des « invasions barbares » et du foisonnement des hypothèses sur la chute de l'empire... L'érudition et la familiarité s'associent en un récit passionnant et décapant.

  • L'empire du bien

    Philippe Muray

    L'empire du bien triomphe: il est urgent de le saboter.

  • La guerre prend place au coeur de l'Antiquité, des guerres mythiques des Olympiens contre les forces du chaos que sont les Titans ou les géants aux guerres réelles et fondatrices comme les guerres médiques ou puniques.
    Même la fameuse pax romana, pour être préservée, a nécessité la guerre aux frontières et, en Grèce comme à Rome, la formation du citoyen passe par la maîtrise des armes et la connaissance des textes racontant les combats passés. De plus, la transmission de l'héritage antique s'est fait en vue des guerres présentes et futures : l'étude des ouvrages de l'Antiquité dont le sujet principal portait sur la guerre (Hérodote, Thucydide, Énée le Tacticien, Jules César...), a servi à l'écriture de traités militaires et ce jusqu'à l'époque moderne. Alexandre le Grand considérait déjà l'Iliade comme un véritable manuel de guerre. Dans les écoles militaires fondées tout d'abord par Napoléon, dont le modèle s'est diffusé en Europe et outre-Atlantique, l'étude des classiques était au programme de l'enseignement et les figures héroïques de l'Antiquité qui se sont distinguées sur les champs de bataille ont servi de référence aux auteurs (Le Prince de Machiavel, ...), aux généraux (Carl von Clausewitz, ...) et aux chefs d'État européens (Louis XIV, Frédéric le Grand, Napoléon, ...).
    Assortis d'une très belle et très utile chronologie des guerres en Grèce et à Rome, ces 150 textes en traduction, parmi les plus beaux de la littérature donnent envie de se battre pour l'Antiquité.
    L'entretien avec Bruno Cabanes permet un regard croisé entre des spécialistes de l'Antiquité et un historien d'époque contemporaine, spécialiste de l'histoire sociale et culturelle de la guerre d'époque moderne. Bruno Cabanes qui travaille aux États-Unis multiplie les publications sur la Première Guerre mondiale et occupe une place visible dans les médias. Cet entretien est l'occasion d'un rare dialogue entre deux périodes historiques aussi distantes.

  • Nous vivons un temps troublé. Que faire pour sortir de l'impasse ? Peut-être un pas de côté, non pour fuir la réalité mais pour considérer nos problèmes sous des angles nouveaux, inattendus, échapper au flot des lieux communs en tâchant de mettre de l'ordre dans le désordre qui nous entoure.
    Tel est l'objectif que poursuivent ces courts essais. Sans prétendre apporter des réponses définitives, ils éclairent nos problèmes, les plus personnels - qu'est-ce que le bonheur ? qu'est-ce qu'être soi-même ? - comme les plus partagés de notre époque - la mondialisation, les fake news.
    Tantôt parcourant des sentiers battus, tantôt frayant des voies nouvelles, ils font entendre des voix devenues souvent inaudibles dans le tintamarre de l'actualité, peut-être aussi contradictoires - pourquoi pas ? En vertu de quoi devrions-nous toujours aller sans délai vers une conclusio

  • Les gaulois

    Jean-Louis Brunaux

    Barbares aux yeux des Grecs et des Romains, figures poétiques pour les Romantiques, héros nationalistes chez les historiens du XIXe siècle, les Gaulois gardent pour nous un certain mystère. Leur brillante civilisation, épanouie seulement en quelques siècles, a été submergée par celles de ses voisins, peut-être parce qu'elle en était trop proche. Grâce aux sources littéraires antiques et aux résultats les plus récents de l'archéologie, c'est à une redécouverte des Gaulois que ce guide convie.

  • De l'âme

    Aristote

    Le traité De l'âme est l'un des traités du Corpus aristotélicien qui présente le plus d'unité. Cela pourrait expliquer que son influence a été des plus importantes tant dans l'Antiquité qu'au Moyen Âge - grâce à la médiation des philosophes musulmans, de leurs commentaires et interprétations - et aux temps modernes.
    Ce qui, pour l'époque contemporaine, constitue la psychologie est, aux yeux d'Aristote, une partie de la physique. Cette science étudie les effets des êtres soumis au mouvement, au changement, et en premier lieu les vivants. L'âme est d'abord la vie, ou plutôt le principe de vie.

  • Avec La Révolution brune de David Schoenbaum, l'étude du nazisme est passée du stade anecdotique au stade scientifique, de l'horreur des charniers et des champs de bataille à la froide objectivité de données sociologiques et quantitatives.
    1933, date de l'accession de Hitler au pouvoir, plus que 1918, date de la déposition de Guillaume II, marque le début réel d'un processus de « modernisation » de l'Allemagne traditionnelle.
    Arrivé au pouvoir avec une idéologie prônant le retour à la terre et à la petite entreprise, plus généralement à une image mythique de l'Allemagne médiévale, féodale ou barbare, le régime nazi accéléra dans la pratique le processus de transformation du pays en une société industrielle moderne, n'empêchant finalement ni l'exode rural, ni la liquidation de la petite entreprise, ni le travail féminin, « démocratisant », mieux que ne l'avait fait la République, l'armée et les administrations, en noyant les élites aristocratiques et bureaucratiques traditionnelles sous un flot d'arrivisme petit-bourgeois. En 1945, terme du processus, année zéro d'une nouvelle Allemagne, la vieille Prusse a cessé d'exister. Paradoxalement, le nazisme a créé les conditions d'exercice du régime démocratique stable qu'est la République fédérale.

  • Il n'est certes pas facile d'être à la fois Montaigne (1533-1592) et Rousseau (1712-1778). C'est pourtant ce que je me propose de faire ici, parce que ce livre - personnel - est le fruit de nombreuses lectures et de non moins nombreux voyages, tous ponctués d'images, fixes ou mobiles, chacun à des moments différents de mon existence, dans des circonstances différentes et avec des gens différents. Aucun de ces voyages à Pompéi ne ressembla aux autres, aucun ne fut simplement banal. Chacun d'entre eux eut son charme particulier. Rousseau soit. Et Montaigne ? Tout simplement parce que le plaisir partagé n'en a que plus de prix, parce que les derniers rayons du soleil peuvent encore réchauffer le coeur et les sens et que le seul héritage qu'un amoureux de Pompéi puisse transmettre c'est justement cet amour, sous toutes ses formes, y compris et surtout celles qu'on n'attendrait pas. Promenades insolites, promenades que le visiteur de Pompéi n'a pas l'habitude de faire, et dont le promeneur solidaire que j'ai envie d'incarner (le lecteur, toujours indulgent, pardonnera ce mauvais calembour) se fera le guide. De tous ceux qui, par manque de temps ou de connaissances, seraient passés à travers des aspects méconnus de Pompéi et n'auraient pu voir, au-delà d'une visite formatée, les richesses inépuisables de cette petite cité provinciale à laquelle un destin brutal et tragique donna le statut de mythe.

  • C. G. Jung en France : rencontres, passions et controverses Nouv.

    En France, la réputation du psychiatre suisse Carl Gustav Jung (1875-1961) semble, depuis plusieurs décennies, fortement marquée du sceau de l'ambivalence. Bien que souvent ignorés au sein des facultés de psychologie et honnis par de nombreux critiques, les ouvrages de l'ancien collaborateur et rival de Sigmund Freud n'ont paradoxalement jamais été aussi présents sur les étals des libraires qu'actuellement.
    Signe que l'oeuvre de cette figure majeure de l'histoire de la psychiatrie, de la psychanalyse et de la psychothérapie, continue de faire l'objet, plus de soixante ans après sa mort, d'interprétations conflictuelles et passionnées. Fruit d'une vaste enquête archivistique, C. G. Jung en France analyse de façon vivante et érudite les multiples voies de circulation empruntées par la psychologie analytique, de même que les différents modes d'appropriation et critiques dont celle-ci a pu faire l'objet tout au long du XXe siècle.
    Redonnant vie aux nombreux débats suscités par cette doctrine complexe, parfois déroutante et controversée, cette enquête captivante traverse des domaines aussi variés que les sciences du psychisme (Flournoy, Binet, Janet, Lacan, Dolto, Ey), la philosophie (Bergson, Bachelard, Deleuze), l'anthropologie (Lévi-Strauss, Durand), la théologie (Teilhard de Chardin, Beirnaert), l'orientalisme (Guénon, Massignon, Corbin), l'histoire (Dupront, Le Goff), ou le champ artistique et littéraire (Valéry, Cocteau, Simenon, Hergé), tout en rendant compte de la structuration progressive d'un mouvement autochtone se réclamant de sa théorie de l'inconscient, conçu comme un puissant réservoir de créativité.
    A rebours du freudo-centrisme dominant le plus souvent l'historiographie du genre, ce livre, qui regorge d'une foule d'informations inédites, jette en somme une lumière originale sur des pans refoulés ou encore méconnus de l'histoire sociale, culturelle et intellectuelle de la France contemporaine.

  • François d'Assise mourut le 3 octobre 1226 dans sa ville natale.
    Il ne vit jamais la grande basilique qui lui fut consacrée : un cycle de fresques y retrace les épisodes de sa vie. Entrepris dès 1260, cet immense chef-d'oeuvre de l'art médiéval a été réalisé grâce à la contribution des plus grands peintres italiens de l'époque : Cimabue, Giotto, et les Siennois Simone Martini et Pietro Lorenzetti.
    Témoignage de foi, dont la haute signification spirituelle est liée à la vie et à l'enseignement du saint patron de l'Italie, la basilique d'Assise est le réceptacle d'un trésor pictural à l'origine d'un renouvellement profond de l'art occidental à l'aube de la Renaissance. Dans ce nouveau livre monumental, somme d'une vie entière de recherche, Chiara Frugoni analyse l'ensemble du patrimoine artistique de cette basilique d'Assise. Cet ouvrage, très abondamment illustré (reproductions partielles des fresques, agrandissements de détails qui passent inaperçus à l'oeil nu), révèle des aspects souvent inédits des vastes cycles picturaux de la basilique. Au fil de la lecture, à travers l'analyse minutieuse de chaque scène, nous découvrons les éléments d'une syntaxe et d'un lexique figuratifs. Chiara Frugoni déchiffre magistralement ce code iconographique et la propagande qui le soustend comme on reconstitue un puzzle, pièce par pièce. Un discours d'autant plus complexe qu'il devait, aux yeux de ses premiers spectateurs, résoudre en images les énigmes et les contradictions de l'Ordre franciscain.

  • Pour comprendre Napoléon, pour comprendre la fascination qu'il exerce sur nous deux cents ans après sa mort, il faut passer par Rome. Stendhal nous l'apprend dès les premières lignes de La Chartreuse de Parme : « après tant de siècles, César et Alexandre avaient un successeur. » Quoi ? Nous préférons regarder l'Antiquité comme un aimable decorum, offrir l'image d'Épinal d'un Napoléon costumé en Romain, alors qu'elle pourrait bien être son ADN.
    De la soif de conquête à l'apothéose finale, Napoléon Bonaparte a sculpté sa légende dorée ou noire dans le marbre antique faisant de son gouvernement un précis d'histoire romaine, des fondations de la République jusqu'aux règnes de Constantin et de Justinien, favorisant la paix religieuse, promouvant le Code civil... ou organisant un véritable culte de sa personne, fidèle aux empereurs sanguinaires dépeints par Suétone. Car de la Rome antique, Napoléon retient avant tout la leçon d'immortalité.
    Le premier empereur des Français serait-il le dernier Romain ? La réponse dans cet essai novateur qui recèle bien des surprises.

  • 428 est une année sans autre événement mémorable que la chute du royaume d'Arménie, perdu aux confins d'un Empire romain déclinant.
    Pourtant, cette année ordinaire est loin d'être une année sans histoire : rien n'est fait, rien n'est joué, tout est en train de se faire. Le paganisme s'étiole avec panache, les nouveaux gouvernants ont des noms qui quelques années auparavant auraient semblé barbares. Les temps changent, imperceptiblement : le crépuscule de l'Antiquité devient l'aube du Moyen Âge. Renouant avec deux traditions bien antiques, à la fois celle des chroniqueurs et celle des itinéraires circulaires qu'affectionnaient les compilateurs, Giusto Traîna propose un tour du monde romain en 365 jours, où le lecteur découvre villes, palais, déserts, monastères et surtout, à côté des grands noms comme Saint Augustin, les figures peu banales et hautes en couleur du chef barbare Genséric, du Sarrasin al-Mundhir, du Copte Chenouté ou encore de l'extraordinaire impératrice Galla Placidia.

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